The Winner’s Crime : mais où est la romance ?

Tels des amants maudits, Kestrel et Arin se retrouvent pour mieux se perdre, leur amour pris au piège dans une spirale infernale de conflits politiques… mais où est passée la romance dans ce deuxième tome ?

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Gagner peut être la pire des malédictions…

Fille du général le plus titré de l’Empire, Kestrel a eu la faiblesse, alors qu’elle réprouve l’esclavage, d’acheter dans une vente aux enchères un jeune homme du nom d’Arin. Pire encore, elle a eu la bêtise de lui permettre de devenir son ami… et de laisser la ville entière s’en émouvoir. Elle n’a compris qu’au dernier moment son erreur, en découvrant l’impensable : espion aux ordres de son peuple oppressé, les Herranis, le jeune homme était là depuis le début pour la trahir, pour renverser le pouvoir.

À présent, tout a changé. Kestrel a été contrainte de lutter pour sa survie. Elle a vu ses amis tomber autour d’elle et a dû supporter la douleur de la trahison d’Arin – elle dont l’éducation entière lui souffle de tout faire pour se venger. Mais, quand il a fallu choisir son camp, elle a préféré, à son tour, l’impensable : sacrifier son bonheur pour celui des Herranis, céder à un terrible chantage qui la force à tourner le dos à Arin une bonne fois pour toutes. Elle est désormais la fiancée du fils de l’Empereur. S’ouvre, à la cour, un terrible jeu d’échec où Kestrel doit mentir à tout le monde, depuis le monarque – un homme sans pitié qui se délecte de la souffrance d’autrui – jusqu’à Arin lui-même, en passant par la masse des courtisans qui n’espèrent que sa chute.

Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l’imagination d’une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple !

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Alors… (Grince des dents).

Je vais commencer par dire ceci : j’ai beaucoup aimé ce deuxième tome, mais -car il y en a bien un puisque cette suite n’est pas un coup de coeur-, j’ai également été déçue. Avec un 4/5, ce roman m’a charmé, sauf qu’il manquait un petit quelque chose. Quoi donc ? Eh bien… la romance. Sans blague, j’ai cherché à la loupe, mais rien. Oui, bon, il y avait quelques petits passages, mais chaque fois c’était si énervant que j’avais envie de m’éclater la tête contre le livre. Honnêtement, ça n’avait rien à voir avec le tome 1, et si j’adore les complots et les jeux politiques, le dosage dans ce deuxième livre était horrible.

Et c’est le mot. Oui, horrible.

Mais ça n’enlève rien au roman ! Je compte bien lire la suite, car la fin nous laisse clairement sur le cul. Seulement… j’adore la romance. Mais oui, que veux-tu, je suis quétaine de même. J’aime quand il y a de l’amour dans la fantasy, car le contemporain ne m’attire plus autant qu’avant. I mean, si je peux avoir de l’action, de l’aventure ET des sentiments, why not ?

« Mari-le, dit Arin, mais sois mienne en secret. »

Disons que les péripéties sont vite répétitives dans la romance entre Arin et Kestrel, et si le premier tome m’a bluffé, je suis largement resté sur ma faim avec The Crime. C’est toujours pareil : chaque fois qu’elle a l’occasion de lui expliquer la vérité, qu’elle l’aime et qu’elle ne joue qu’un jeu, il y a une oreille indiscrète et elle ne peut donc rien faire. Oui, tu as deviné : durant près de 540 pages, on a droit au jeu du chat et de la souris. Aussi, Arin part très loin, et pendant le trois quarts du roman, on suit simplement deux histoires très différentes.

Je sais bien que c’est ce qui peut se produire avec un double point de vue -surtout via un narrateur externe-, et je comprends pourquoi l’auteure a fait ce choix, mais c’est si… différent du tome 1. Oui, c’est une suite, mais le ton du roman est vraiment trop différent. Je savais qu’avec la fin du 1 (si tu n’as pas lu ma critique sur The Curse, clique ici) on allait avoir droit à une explosion des intrigues. Mais pourquoi sacrifier autant la romance ? Si c’était présent durant tout le tome 1, pourquoi l’enlever presque au complet du tome 2 ? C’est dommage, car ce qui a fait de The Curse un coup de coeur en 2018, c’était bien la relation entre Arin et Kestrel. Et si l’on me retire mon petit plaisir coupable, alors je ne sais plus comment autant apprécier ma lecture.

« Parfois, on croit vouloir quelque chose, alors que ce qu’il faut vraiment faire, c’est y renoncer. »

Évidemment, il n’y a pas que des points négatifs. Arin, dans ce tome, est tellement… parfait. Il n’est pas stupide, mais il s’accroche à son amour pour Kestrel avec une telle force que ce qui se produit à la fin du tome (le geste symbolique, si tu as lu le roman, tu sais de quoi je parle) en est encore plus déchirant. Toutefois, j’avoue que rendu à la scène de la taverne, j’avais envie de le secouer et l’étrangler. Mais bon, en même temps, il se fait malmener par Kestrel depuis le début, alors je le comprends aussi. Et puis, sa soif de liberté et les moyens qu’il entreprend pour y arriver font en sorte qu’on l’aime encore plus dans cette suite. Oh, et il ne faut pas oublier ce moment avec la princesse (non, aucun spoil, je ne dis rien d’autre)… j’avais eu si peur que mon coeur a failli exploser.

Encore une fois, les tentatives d’Arin de passer à autre chose ne résultait à rien d’autre que l’accrocher toujours plus fort à notre héroïne et, pour cela, j’ai tant aimé Marie Rutkoski. Car, bien franchement, si elle nous avait servi un triangle amoureux, je pense bien que j’aurais abandonné !

« On eût dit que le sang de la jeune fille était gorgé de poudre noire. Comment pouvait-elle avoir oublié cette sensation si troublante d’être telle une mèche d’explosif embrasée, en face de lui ? »

Quant à Kestrel… je l’ai comprise, mais n’empêche que je l’ai trouvé un peu stupide. Pour une grande stratège, elle s’est laissé prendre comme une débutante dans ce roman. On aurait dit que l’on se trouvait en face d’une Kestrel épuisée et bien moins éveillée que dans le premier opus. C’est dommage, car c’était l’un des points forts du tome 1.

Finalement, le « mari » de Kestrel aurait pu être utilisé à bien meilleur escient. Il y aurait eu plus d’une façon pour le rendre important, pimenter la romance, rendre Kestrel et Arin encore plus attachants – car si notre héros tente de passer à autre chose, pourquoi pas la demoiselle en détresse ? J’ai trouvé, encore une fois, cela dommage qu’on laisse de côté une option aussi intéressante pour se concentrer sur les complots. Et, malheureusement, ces derniers entraînaient beaucoup de longueurs au roman, si bien qu’il pouvait ne rien se passer durant près de 100 pages parfois.

Au final, cependant, j’ai aimé, peut-être par nostalgie, ou parce que j’espérais chaque fois que le roman me donnerait plus, donc mon impression a été quelque peu biaisée. Dans tous les cas, ça reste que The Curse est original, avec une intrigue prenante, des revirements de situations souvent imprévisibles, et des personnages attachants malgré leurs défauts. J’espère seulement que le troisième tome saura rattraper cette petite déception.

L’avez-vous lu ? Qu’est-ce que vous avez pensé de cette suite à The Winner’s Curse ?

Titre : The Crime (de la saga The Winner’s Curse)

Auteure : Marie Rutkoski

Éditeur : Lumen, 2017.

Nombre de pages : 540

Lien Renaud-Bray : clique ici !

2 réponses sur « The Winner’s Crime : mais où est la romance ? »

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