La haine qu’on donne : un oeuvre que tout le monde devrait lire

Black Lives Matter (La vie des Noirs compte) est un mouvement qui dénonce le racisme et la violence, notamment la violence policière, dont sont victimes les Noirs. Et c’est exactement ce que Angie Thomas défend brillamment à travers son oeuvre littéraire.

 

20200110_163314_0000

Starr a seize ans, elle est noir et vit dans un quartier rythmé par les guerres entre gangs et les descentes de police.Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ces deux mondes.
Sa vie vole en éclats le soir où son ami Khalil est tué.
Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux.
Starr est la seule témoin.Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, Starr va apprendre à redresser la tête.

 

20200110_163305_0000

Je crois sincèrement que nous devrions tous prendre un moment pour non seulement lire ce livre, mais pour prendre conscience que le profilage raciale, la violence et le racisme que peuvent vivre les personnes noires sont des problématique encore bien présentes. Dans ce roman, nous suivons Starr et sa famille qui doivent faire face à cette réalité tous les jours. Les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, apportent une richesse au récit. Notamment, Starr, le personnage principal, n’aurait pu être mieux présentée. À travers une touche d’humour, elle nous fait vivre la lourdeur d’être une personne noire provenant d’un milieu défavorisé. J’ai adoré voir son évolution, passant d’une jeune fille terrorisée à une jeune femme avec une voix bien plus grande qu’elle aurait pu imaginer. Pour ce qui est des autres personnes, certains vont aider Starr à se lever, tandis que d’autres vont lui causer des embûches, mais tous vont nous faire vivre une gamme d’émotions.

« Tu peux très bien être courageuse et avoir peur quand même, Star, dit-elle. Être courageuse, ça veut dire ne pas se laisser abattre par sa peur. Et c’est ce que tu fais. »

Outre les personnages, la thématique abordée fait partie de l’une des grandes forces du roman. L’auteur s’ouvre sur la brutalité policière et sur le racisme. Bien que le récit se veut être une fiction, il pourrait tout autant être un documentaire comme c’est un véritable phénomène présent aux États-Unis. Basé sur une histoire vraie, le tout est présenté avec un réaliste impressionnant. De plus, Starr va avoir beaucoup de difficultés à faire entendre sa voix, menant à bien des frustrations chez le lecteur. Non seulement nous vivons des frustrations à travers notre lecture, nous nous sentons impuissants… exactement là où l’auteure veut nous amener. C’est entre autres pourquoi j’ai trouvé l’histoire poignante et intelligemment apportée. Chaque chapitre arrive à nous faire vivre de la rage, mais aussi de l’espoir.

« À quoi ça sert d’avoir une voix si c’est pour se taire quand il faudrait parler ? »

Ensuite, la plume de l’auteur ainsi que le récit donnent une couleur authentique à l’oeuvre. Bien que le rythme de l’histoire peut sembler un peu lent par moment, chaque scène a son importance. Au départ, après la scène où Khalil, le meilleur ami de Starr, se fait tuer par un policier, j’étais déçue qu’une mort d’un personnage arrive si rapidement. Toutefois, plus je tournais les page, plus j’ai compris : le but n’est pas de nous faire pleurer sur la mort du personnage, le but est de nous faire révolter. Nous devons nous révolter face à la brutalité policière. Nous devons nous révolter face au racisme que peuvent vivre les minorités visibles. Nous devons nous révolter face à la violence qu’il peut en découler. Quand je pense à la police, j’ai peur d’avoir une contravention. Je n’ai pas peur de me faire tirer dessus si je fais un faux mouvement, je n’ai pas peur de me faire arrêter en raison de ma couleur de peau… Je n’ai pas appris à avoir peur des policiers point. Et, à travers les yeux du personnage principal, Angie Thomas nous fait réaliser que nous n’avons pas tous la même chance. Starr n’a pas appris à avoir peur du policier, mais elle a tout de même appris à agir d’une certaine manière si elle ne veut pas se faire descendre. Si ces quelques phrases vous choquent, vous n’avez rien vu encore.

« L’année de mes douze ans, mes parents ont eu deux conversations avec moi. […] La deuxième conversation, c’était pour m’expliquer quoi faire si un policier m’arrêtait. Ça a énervé maman qui a dit à papa que j’étais trop jeune pour ça. Il a répondu qu’il n’y avait pas d’âge pour se faire arrêter ou se faire descendre. »

Bref, le récit réaliste qui est choquant par moment, l’écriture authentique de l’auteur, les personnages fort en richesse ainsi que la thématique principale qui se doit d’être abordée font que j’ai adoré le livre d’Angie Thomas. Être conscient que le racisme et la brutalité policière sont des enjeux qui existent est une chose, vivre la rage et l’impuissance causées par ses enjeux est une toute autre chose. Grâce au livre La Haine qu’on donne, j’ai une toute nouvelle vision sur ces problématiques, une leçon de vie qui nous oblige à réaliser les inégalités encore persistantes aujourd’hui.

Si vous avez lu le livre, dites moi comment vous vous êtes sentis face à votre lecture. Et, pour ceux qui ont aussi vu le film, j’aimerais bien vous entendre ! Le film est-il autant percutant ?

20191023_164008

Une réponse sur « La haine qu’on donne : un oeuvre que tout le monde devrait lire »

Répondre à Usva K. Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.